Contrat Espace 2000 - Contrat de Terroir des cantons de Cordes et Vaour

Pré-diagnostic territorial

4ème partie - Le renouvellement de la fonction d'accueil

A côté de l'agriculture et des activités proches comme l'exploitation forestière et le travail du bois, les deux cantons de Cordes et Vaour jouent depuis longtemps une fonction d'accueil: accueil de populations venues d'ailleurs qui s'installent à demeure par vagues successives, accueil de touristes et de visiteurs saisonniers. Mais contrairement à d'autres régions du Midi pyrénéen dans des situations sociales, économiques et démographiques comparables (151), le Tarn-Nord-Ouest n'a pas fait une spécialité locale de l'accueil (permanent ou semi - permanent) de catégories particulières de citadins (152).

4.1 - Un pays de migrants

Le Tarn Nord-Ouest est une zone de départ, parce que les fonctions traditionnellement remplies ne sont plus assurées. Mais c'est aussi une zone d'accueil. La démographie aurait pu s'effondrer davantage si le territoire n'avait pas, jusqu'à maintenant, assuré une fonction d'accueil. S'opère ainsi un brassage, pas toujours sans conflit, de populations. Plusieurs vagues d'arrivants se sont succédées, notamment depuis une trentaine d'années et ont marqué l'histoire locale. Ces populations sont très diverses. Elles ont été plus ou moins intégrées.

Les statistiques publiées par l'Insee à partir du recensement de 1990 montrent l'importance du phénomène migratoire dans les deux cantons. Si la part des migrants (153) reste dans la moyenne départementale, celle des personnes venant d'un autre département ou d'une autre région (154) est plus élevée dans les deux cantons qu'ailleurs dans le Tarn. Les cartes réalisées à partir des données de l'Insee révèlent le poids des retraités dans cette population, mais aussi son impact sur le renouvellement des ouvriers et des employés, alors qu'au contraire les jeunes adultes (20-39 ans) ainsi que les cadres et catégories intermédiaires et - de manière plus surprenante - les personnes en provenaiice de l'étranger sont proportionnellement moins nombreux que dans d'autres régions du Tarn.

La faiblesse traditionnelle des taux de natalité, liée notamment aux règles de transmission de la terre (155), et l'importance prise par l'exode agricole et rural ont fait du Midi toulousain une région d'accueil, surtout depuis le début du XXème siècle (156). Comme les campagnes environnantes (Vallée du Tarn, Albigeois - Castrais, basse vallée de l'Aveyron, coteaux du Quercy), les Causses et coteaux du Nord-Ouest connaissent depuis longtemps des vagues successives d'immigration. Elles concernèrent d'abord le travail forestier (157) puis celui de la terre: arrivée d'agriculteurs (ouvriers agricoles, maîtres-valets, régisseurs, exploitants) aveyronnais, italiens, espagnols, rapatriés d'Afrique du Nord (158), picards, bretons,...
 
Le Midi toulousain a été, dans les années soixante, une région d'accueil pour des migrants agricoles venant de départements trop peuplés. La zone a accueilli des migrants aveyronnais ou de Bretagne, surtout sur Cordes. Ils ont largement contribué à moderniser les techniques et les systèmes de production. Les Aveyronnais, en particulier, se sont souvent installés sur des exploitations viticoles qu'ils ont transformées.
 
La guerre d'Algérie a amené deux types de populations, les harkis et les rapatriés. Les harkis ont été concentrés sur la périphérie de la Grésigne. Leur intégration reste, trente ans après, encore problématique. Les rapatriés ne sont pas très nombreux. Beaucoup sont partis après une expérience malheureuse.

A Cordes s"installèrent à partir des années soixante - et jusqu'à aujourd'hui - des artistes et artisans d'art, souvent en reconversion."Leur précédent métier, c'était mécanicien de précision ..., secrétaire de direction..., ambulancière, infirmière, professeur, ingénieur des mines ou encore chanteur lyrique"(159). Ils constituent une communauté hétérogène, d'une cinquantaine de professionnels souvent farouchement indépendants, organisés en plusieurs associations. Une partie réside en permanence sur place ; l'autre vient passer l'été. Ils jouent un rôle important dans la vie locale, en participant aux associations culturelles et sont représentés au conseil municipal de Cordes. Des artistes et artisans vivent ailleurs qu'à Cordes, dans les communes voisines (Souel, Frausseilles,...) et dans le canton de Vaour.
 
D'autres néo-ruraux arrivèrent à partir du début des années soixante-dix, porteurs de la volonté de vivre différemment à la campagne (160). L'importance du recul démographique, la faiblesse relative du coût du foncier bâti et non bâti, firent des Causses et coteaux une aire d'accueil privilégiée pour ces citadins en rupture de ban, devenus agriculteurs (161) et artisans (bâtiment, métiers d'art). Si, ici comme ailleurs, l'installation fut quelquefois sans suite, l'enracinement de beaucoup ne fait pas de doute, comme en témoigne leur implication dans les organisations professionnelles agricoles et dans les municipalités. Tout l'éventail des situations sociales et économiques est représenté, de l'intégration totale à la marginalisation presque absolue. Moins implantés dans les zones plus riches du vignoble ou de Cordes, leur présence est importante sur le plateau de Vaour et les causses de Penne. Les néo-ruraux peuvent parfois servir de repoussoir et cristalliser certains mécanismes de rejet dans la population locale. Mais ils ont joué un rôle modemisateur indéniable en explorant des pistes de diversification, en ouvrant l'horizon de la culture locale.
 
La mode du"Périgord"(162) et la saturation de la Dordogne puis du Lot (montée des prix, tarissement progressif de l'offre), ont ensuite amené des ménages britanniques dans le Bas-Quercy et dans le Cordais. D'abord pour y acheter une résidence secondaire, qui deviendra pour certains résidence permanente à la retraite; puis pour vivre ici en exerçant une activité sur place -notamment dans le bâtiment, les métiers artistiques et plus récemment dans le tourisme - ou ailleurs - recherche universitaire, monde des affaires; enfin - et plus récemment - pour tenter de vivre mieux (quand la politique libérale sévit en Grande-Bretagne) en exerçant des petits métiers, mais la déception guette et l'installation n'est souvent que temporaire. L'immigration anglaise n'est donc pas monolithique; elle est au contraire traversée de clivages radicaux qui se concrétisent par des comportements différents vis-à-vis du milieu local: repli sur soi, constitution de communautés fermées, ouverture et recherche de l'intégration, qui passe souvent par l'école et la vie associative. Toutes les communes ont leurs Anglais. Selon les maires, les installations de Britanniques marquent le pas en ce moment. Plusieurs élus signalent l'arrivée, depuis le début des années quatre-vingt-dix, de représentants d'autres pays riches de l'Europe du Nord, voire d'autres continents (Amérique, Australie).
 
A côté de cette immigration en provenance de pays riches, celle des pays pauvres est beaucoup moins développée (163) : migration ancienne d'Italiens, d'Espagnols, de Polonais et d'Ukrainiens, plus récente de Portugais aujourd'hui fondus dans la population, petite communauté marocaine dans le vignoble et aux Cabannes.
 
L'arrivée récente d'entrepreneurs, attirés par les ressources locales (patrimoine, paysage, qualité de vie), est un fait important. Ils constituent une nouvelle génération de néo-ruraux, disposant de capitaux sans commune mesure avec leurs prédécesseurs du retour à la terre. Anciens cadres d'entreprise (dans la banque, l'informatique, ...), ayant parfois perdu leur travail, ou désireux de changer de vie tant qu'il en est encore temps (164). ils investissent leurs avoirs dans des projets économiques plus ou moins dominés, alliant inspiration libérale et recherche de subventions. Leur champ d'intervention est souvent le tourisme, mais aussi le service aux entreprises, voire l'artisanat de production.
 
Très différents sont les exclus de la ville, attirés par les possibilités supposées d'une vie plus facile en milieu rural. Sans emploi, parfois en rupture familiale, ils pensent trouver ici les conditions d'une relance, ou d'une simple survie (165). Leur insertion passe par l'auto-construction, par des petits boulots parfois au noir (dans le bâtiment, le jardinage), par le recours aux diverses allocations. Leur intégration peut passer par l'action des municipalités, confrontées à leurs besoins administratifs et quelquefois financiers. Certaines - à Boumazel par exemple - leur confient des tâches d'entretien ou de réparation. L'absence de projet collectif les différencie des néo-ruraux des années soixante-dix.
 
Etrangers, entrepreneurs et exclus sont présents dans pratiquement toutes les communes, facilement repérables malgré leur petit nombre. Les deux demiers groupes - migrants altemants et retraités - sont beaucoup plus nombreux.
 
La proximité d'Albi, Gaillac et Toulouse, en permettant le développement des migrations quotidiennes de travail, a entraîné, surtout dans les années quatre-vingt, l'installation de nouvelles catégories appartenant aux classes moyennes intellectuelles et plus largement au monde salarial. Ce groupe augmente sans cesse ses effectifs, à partir de l'achat de maisons; mais il participe aussi à la reprise actuelle des constructions de maisons neuves, à Bournazel, Livers, St-Marcel et Penne notamment. Simples résidents, ils investissent d'abord dans leur maison, avant de se socialiser par l'intermédiaire des enfants.
 
Mais le redressement du solde migratoire tient d'abord à l'arrivée de retraités. L'installation fait souvent suite à un"apprentissage"du pays connu en vacances puis par l'achat d'une résidence secondaire. Mais tous les résidents secondaires ne deviennent pas permanents à la retraite. Ainsi, au Riols, beaucoup de maisonnettes construites - parfois illégalement - sur les bords de l'Aveyron par des ouvriers et artisans de Carmaux, pour y passer le dimanche ou les vacances, sont aujourd'hui en vente. Si beaucoup de retraités sont originaires du lieu et occupent la maison héritée des parents, les achats sont souvent le fait de citadins de la région, du nord de la France ou de l'Europe. Ils participent souvent aux activités des clubs du troisième âge.

Ce renouvellement de la population par migration revêt donc des contenus multiples (166). Il conceme des catégories hétérogènes dont l'arrivée est parfois datée ou au contraire étalée dans le temps. S'installer à la campagne pour y travailler, pour y résider en travaillant ailleurs, pour y passer quelques années ou pour s'y retirer à la retraite, n'a pas le même sens. La gamme des comportements va du repli sur sa campagne, limitée en fait à la maison et à ses dépendances (167), jusqu'à l'implication dans la vie économique, sociale et politique du milieu d'accueil. Il est donc impossible aujourd'hui de considérer cette population comme un ensemble qui, en tant que tel, aurait sa place dans une politique de développement territorial. Mais l'importance et la variété des populations concemées, leur diffusion aussi dans l'ensemble des activités économiques et sociales ont un impact fort sur les sociétés locales. Les migrants participent au changement social. Ils sont reconnus individuellement ou collectivement comme néo-ruraux, Anglais, porteurs de projets, marginaux... Cette reconnaissance est positive (tous les conseils municipaux et la plupart des structures professionnelles comprennent un ou plusieurs migrants) ou négative. De la capacité à intégrer les nouveaux groupes dans un projet collectif va dépendre en partie la réussite du Contrat Espace 2000.

4.2 - Le tourisme : de la cueillette à la mise en place d'une filière locale

L'activité touristique apparaît de plus en plus comme une vocation de la zone. Nous avons vu, dans la première partie, l'importance numérique de l'emploi touristique et la diffusion des revenus tirés de cette activité dans plusieurs branches de l'économie locale. La juxtaposition, dans l'ensemble constitué des deux cantons de Cordes et Vaour, d'un pôle touristique de bon niveau et de campagnes caractérisées par un tourisme de type diffus, oblige à distinguer ces deux composantes, qui, en quelque sorte,"ne jouent pas dans la même catégorie", bien qu'ayant des liens - potentiels plus encore qu'effectifs aujourd'hui.
 

4.2.1 - Atouts et problèmes de l'activité touristique cordaise

Cordes constitue sans aucun doute l'atout majeur de la zone en matière de tourisme. La cité fait partie des principaux sites de la région Midi-Pyrénées situés en milieu rural. Avec Albi (cathédrale et musée Toulouse-Lautrec), Cordes figure aujourd'hui au premier rang des sites touristiques du département.
 
Le noyau intra-muros constitue un ensemble architectural important, un patrimoine bien conservé,"une des plus intéressantes concentrations européennes de l'an gothique médieval"(168). La périphérie immédiate de la cité est elle aussi assez bien préservée, même si mitage périurbain, reboisements en timbre poste de la vallée du Cérou au niveau de Cordes et enfrichement des hauts de versants constituent une menace pour la pérennité des paysages cordais actuels (169). Au delà, les villages, les paysages de causse et de plateaux, le vignoble, les vallées adjacentes au Cérou - ces dernières malheureusement ignorées des visiteurs et de l'administration de l'environnement - représentent un fort potentiel d'attractivité.
 
Cordes bénéficie de la présence déjà ancienne d'artistes et d'artisans, qui offrent un éventail particulièrement large de métiers d'art (170) et participent à l'identification touristique de la cité. Leur groupe, disparate, voire fracturé par des oppositions sérieuses (171), se renouvelle régulièrement (moyenne d'âge, la quarantaine). Un noyau stable existe, heureusement, constitué d'artistes et d'artisans reconnus. Autour, le turn-over est important; il affecte d'abord les revendeurs saisonniers. Artistes, artisans et revendeurs du haut de ville se caractérisent d'abord aujourd'hui par leur individualisme, des comportements souvent velléitaires et leur difficulté à dépasser l'intérêt immédiat de chacun pour mettre en place des actions communes. Malgré les efforts de leurs animateurs, les associations d'artistes et d'artisans ont du mal à fédérer les énergies.
 
Plus récents; malgré leur origine locale, de grands professionnels de la restauration - le premier employeur de la zone et un responsable professionnel national - participent largement à l'animation touristique locale: création du musée du sucre et de boutiques, organisation de festivités.
 
La cité, ancienne ville médiévale, est aujourd'hui un bourg bien équipé sur le plan des commerces et des services, mieux en tout cas que la plupart des communes tarnaises de même taille. Les boutiques et les agences sont pour la plupart en bon état - rénovation et modemisation fréquentes - , les entrepreneurs se renouvellent par succession, achat ou création. Le niveau de reprise est inhabituellement élevé (172).
 
La vie associative, particulièrement intense à Cordes, notamment dans le domaine culturel, est un facteur puissant d'animation locale et touristique.
 
Reconnu comme la première activité économique du bourg, le tourisme est une préoccupation centrale de la municipalité. Parmi les opérations récentes (173), la réorganisation de la circulation dans Cordes - avec la question clé du stationnement - , la création d'un office municipal de tourisme, l'organisation d'un spectacle identitaire et touristique ("La mémoire des pierres"), marquent l'action de la municipalité. La collectivité cordaise se heurte toutefois à un problème difficilement résolvable: le coût de l'entretien du patrimoine architectural (remparts, maisons médiévales) est disproportionné par rapport à la taille et aux moyens de la commune.
 
Mais le tourisme ne fait pas l'unanimité à Cordes. Il est subi par plusieurs fractions de la population, notamment les retraités, les résidents secondaires, les habitants perturbés par la difficulté à pénétrer dans Cordes l'été. Certains entrepreneurs dénoncent la tendance à la monoactivité touristique. Les actions municipales dérangent parfois: effets de l'aménagement de la place de la Bouteillerie sur certains commerces, plan de circulation, et surtout réglementation du stationnement. Les clivages touristiques à Cordes ont une traduction géographique qui se calque sur l'opposition entre le haut et le bas de la ville. Cette opposition, ancienne mais toujours vivante et renouvelée, se cristallise facilement sur les projets mufiicipaux (plan de circulation) ou professionnels (organisation de manifestations).
 
Bien préservé, témoin d'un passé roboratif à l'heure des concentrations et des diverses nuisances urbaines, le site de Cordes se prêtait bien à une activité touristique de simple cueillette. Il attire attirait ? - par lui-même des amoureux de vieilles pierres, de témoignages historiques, de tranquillité champêtre - supposée, avant les débordements du tourisme de masse. Les agents traditionnels du tourisme à Cordes, comme dans beaucoup d'autres sites naturels ou culturels, jouissaient d'une véritable rente de situation. D'où l'afflux de commerces saisonniers, de revendeurs artisanaux, de propriétaires - loueurs d'hébergement finalement peu impliqués dans l'économie touristique.
 
Une des clés du tourisme à Cordes est la mobilisation - ou le remplacement - de ces rentiers du tourisme par de véritables professionnels, spécialisés dans l'accueil, l'animation et la communication.
 
La clientèle est avant tout de passage. Elle vient visiter Cordes à l'occasion d'un séjour dans la région - au sens large, Midi toulousain, Sud du Massif Central, voire Grand Sud), ou d'un circuit spécialisé. La clientèle de séjour reste très minoritaire. Mais cela ne signifie pas que les capacités d'hébergement soient actuellement insuffisantes. En effet, les taux de remplissage, s'ils augmentent dans l'hébergement chez l'habitant (notamment les chambres d'hôtes, très demandées actuellement mais dont le label n'est pas assez protégé), tendent au contraire à diminuer dans l'hôtellerie. En pleine saison - mi-juillet à mi-août - le nombre de touristes qui ne trouvent pas à se loger sur place reste limité. Il manque cependant une structure hôtelière - ou une association d'hôteliers - capable d'accueillir un autocar (50-60 places). Quant à l'hôtellerie de plein-air, ses problèmes renvoient plutôt au manque d"animation qu'à une éventuelle insuffisante quantitative. Le projet intercommunal de camping ne se comprend, avec raison, que comme complément à la future base de loisirs.
 
Le Contrat de site majeur signé en 1996 est intercommunal. Il conceme à la fois Cordes et le pays cordais; à travers la communauté de communes qui l'a signé, contrairement au Contrat de Haut-lieu culturel, signé par la commune avec les partenaires institutionnels habituels que sont l'Etat, la région et le département.
 
Cette évolution, liée à la création de la communauté de communes du pays cordais en janvier 1994, mais aussi à la recherche, par la municipalité cordaise, de solutions pour financer le développement local, notamment les investissements touristiques, est positive. Jusque-là en effet, le tourisme cordais fonctionnait en vase clos, tout au moins par rapport à son environnement géographique immédiat. C'était vrai sur le plan organisationnel, mais aussi, dans une certaine mesure, en matière de communication (174) et pour la demande touristique. La clientèle touristique de Cordes, avant tout de passage, fonctionne davantage en relation avec Albi. Pour les autocaristes, les tour-opérateurs, et une partie de la clientèle individuelle, l'axe touristique majeur Albi-Cordes laisse de côté le reste de la zone (cantons de Cordes, Vaour et Castelnau-de-Montmiral). Limite à cette évolution, l'Office de tourisme de Cordes, constitué en 1996, est municipal, et non pas communautaire. Pourtant; les différentes composantes, naturelles, culturelles, historiques, sociales, paysagères, des campagnes du nord-ouest du Tam font de ce territoire un complément appréciable au potentiel et aux réalités du tourisme cordais d'aujourd'hui.

4.2.2 - Atouts et problèmes de l'activité touristique en zone rurale

Villages, vallée de l'Aveyron, causses et coteaux, vignoble, forêt de Grésigne, petites vallées affluentes de l'Aveyron, du Cérou et de la Vére, patrimoine proto-industriel (fours à chaux, verreries, moulins à eau, ...), collectivités humaines de petite taille, patrimoine agricole et rural: l'espace et les paysages constituent un atout fondamental pour un tourisme de découverte (nature, sport et culture).
 
Le Nord-Ouest du Tarn figure parmi les premiers espaces du département concernés par le tourisme rural. A partir des années soixante-dix, des agriculteurs, individuellement mais aussi avec l'aide de structures collectives locales (GVA) et départementales (ATTER), ont développé une activité touristique, jouant un rôle pionnier dans le département (175). Toutefois, à l'exception de personnalités de Penne et des Cabannes, les agriculteurs des deux cantons sont restés dans un premier temps à l'écart de ce mouvement qui a d'abord concerné la vallée de la Vère et le Montmiralais.
 
L'agritourisme est aujourd'hui très présent dans la zone (176): exploitations avec hébergement touristique (gîtes et chambres d'hôtes, campings en ferme d'accueil), avec animation sportive (fermes équestres) et pratique de la vente directe à la ferme et sur les marchés.
 

Equipements de tourisme rural
 

Type d'équipement

canton de 
Cordes

canton de 
Vaour

gîte rural 28 12
gîte d'étape ou de groupe   1
gîte d'enfants 1 1
camping à la ferme 1 1
chambre d'hôtes 7 3
meublé de tourisme 8 5
ferme auberge, auberge rurale 2  
Nombre total de propriétaires 44 24
 

source : ATTER et enquête directe

Au cours des trente demières années, du fait en particulier des nombreux migrants, notamment agricoles, ce milieu rural a fait preuve d'une forte capacité d'innovation en matière touristique. A titre d'exemple, on peut citer la mise en place du circuit des bastides, associant des prestataires - la plupart sont agriculteurs - qui accueillent des randonneurs et ont contractualisé avec le spécialiste français de la randonnée, Chamina.
 
L'innovation, aujourd'hui, c'est la création de complexes touristiques ruraux associant divers types d'hébergement (gîtes, chambres d'hôtes, gîte d'étape, camping), de la restauration (table d'hôtes, ferme auberge, ferme rurale) et parfois des équipements de loisirs (piscine ou plan d'eau, cheval).
 
Les entrepreneurs à la tête de ces complexes, notamment dans le loisir sportif, mettent en place les prémisses d'une filière touristique associant divers partenaires (hébergement, animation, transport) et capables de négocier avec des tour-opérateurs. La constitution de réseaux associant des prestataires, ou des agriculteurs pratiquant la vente directe (177), va dans le même sens.
 
De nombreux projets d'installation de migrants ou de reconversion d'habitants de la zone dans le tourisme rural ont été signalés par les maires et l'Atter. Ces projets, à différents états d'avancement et plus ou moins sérieux dans leur conception, partent souvent d'acquisitions foncières (châteaux, moulins, hameaux, anciennes exploitations agricoles).
 
L'animation touristique de la zone est aussi - d'abord ? - l'affaire des collectivités territoriales et de groupes d'habitants porteurs de développement local. Ces animations ont d'abord une vocation identitaire: Eté de Vaour, Son et lumière de Penne, mise en place de marchés villageois. Ces animations exploitent le patrimoine naturel, social et culturel local à des fins avant tout d'appropriation du territoire par ses habitants, mais elles sont ouvertes aux touristes et visiteurs. A côté de municipalités et de groupes informels (178), des associations participent à l'animation patrimoniale (MIRS, Bonan, Patrimoine culturel de Souel, ...).
 
Ces atouts des campagnes des cantons de Cordes et Vaour sont tempérés par des facteurs moins favorables.
 
Le territoire rural des deux cantons est incomplet. La région touristique, caractérisée ci-dessus par ses atouts, déborde en effet le territoire des deux cantons. La bastide de Montmiral, le village perché de Puycelsi, la forêt de Grésigne stricto sensu, la base de loisirs Vère-Grésigne, la partie tarn-et-garonnaise de la vallée de l'Aveyron, dépendent d'autres structures d'animation et de communication.
 
Des clivages existent, entre prestataires touristiques, liés avant tout aux revenus et à la place du tourisme dans ces revenus. Plusieurs groupes, aux comportements, aux intérêts et aux stratégies parfois éloignés doivent être distingués:

Ces trois premiers groupes renvoient à l'économie de cueillette

Ces différents groupes ne sont pas propres aux deux cantons. On les retrouve ailleurs dans les campagnes du Sud-Ouest, souvent dans des territoires ayant subi un long mouvement de désertification et disposant de caractères naturels et culturels forts. Mais l'éventail complet de ces situations se rencontre rarement à l'échelle d'un territoire de 300km2. Les uns et les autres n'adoptent pas le même comportement face au tourisme (accueil, respect de la labellisation, communication, ...); ils ne sont pas animés par des logiques identiques. Cela limite les possibilités de partenariat179 et peut poser des problèmes de lisibilité des structures, les labels regroupant des prestataires très différents.
 
Des produits et animations touristiques de premier plan arrivent à maturité. Les spectacles de Vaour et de Penne ont plus de dix ans, le circuit des bastides doit trouver de nouvelles clientèles et peut-être de nouveaux prestataires, les pionniers du tourisme rural arrivent à l'âge de la retraite. La question du renouvellement d'une bonne partie des produits et des animations phares de la zone se pose ou va se poser rapidement.
 
L'Eté de Vaour a connu un développement original et progressif en s'appuyant de façon quasi exclusive sur le bénévolat, en 1997 comme à ses débuts. Seul un salarié à temps partiel est employé toute l'année pour préparer la manifestation. Aujourd"hui, un seuil est sans doute atteint. Les bénévoles peuvent difficilement faire plus, et le choix se pose déjà entre poursuivre sur les mêmes bases jusqu'à épuisement, renouveler la manifestation en ne dépassant pas le plafond actuel de fréquentation et en ne changeant pas le mode de fonctionnement, ou bien"sauter le pas"et continuer à grandir en changeant de méthode. Dans la mesure où le festival correspondait - et correspond toujours - à une volonté collective, ce choix ne va pas être facile à faire.
 
Le tourisme rural est à la mode; il est souvent perçu comme la solution par des personnes désireuses de changer de vie ou de saisir une opportunité après une période plus ou moins longue de recherche d'emploi. Le foisonnement actuel de projets (180) sérieux et moins sérieux, parfois innovants, quelquefois farfelus, risque de déboucher sur de nombreux échecs faute d'acquisition rapide de compétences professionnelles et d'une bonne connaissance du milieu d'accueil.
 
Les lacunes de la signalisation touristique gêne, dans cette zone de tourisme diffus, l'accès aux structures d'hébergement, d'animation, et aux petits sites locaux pas toujours clairement identifiés. Le problème est commun à la partie rurale des deux, mais sa prise en compte semble se faire séparément, au mieux à l'échelle des structures intercommunales à fiscalité propre.

4.2.3 - Problèmes communs à l'ensemble de la zone

D'autres problèmes existent, générateurs de mauvais fonctionnement, mais ils concernent à la fois les campagnes cordaises et grésignoles et le pôle touristique de Cordes. A la fin des années quatre-vingt, le territoire élargi à une partie de la vallée du Tarn (Gaillac-Aiguelèze) et au canton de Salvagnac a bénéficié de la politique régionale des"Unités de séjour touristique". A cette occasion, le lien entre sites touristiques et zones de tourisme diffus était déjà perçu comme problématique (181).
 
Le principal blocage à un développement efficace du tourisme dans les deux cantons tient à l'insuffisance des relations organisationnelles entre le pôle et la campagne. Il est vrai que les problèmes que les deux sous-ensembles ont à gérer ne sont pas du même ordre: d'un côté un site touristique majeur, attractif pour un tourisme de passage, de l'autre un territoire peu dense, fréquenté par un tourisme diffus, de séjour. En terme d'organisation et de communication, l'approche diffère. Le rapprochement en train de s'opérer - non sans difficultés - s'appuie sur trois soucis majeurs: la nécessité, pour Cordes, dans l'optique d'un développement axé centralement sur le tourisme, de favoriser autant que faire se peut le tourisme de séjour, en s'appuyant sur son environnement; l'intérêt, pour le reste du territoire, de tirer profit de l'impact de Cordes, en terme d'image et de fréquentation; enfin la nécessité de passer à des politiques et à des projets intercommunaux pour bénéficier des meilleurs niveaux de subvention.
 
Aujourd'hui, la prise en charge par la communauté de communes du Pays cordais du projet de camping - base de loisirs qui sera finalement localisé aux Cabannes, est révélatrice d'une évolution des comportements des élus locaux. Le rapprochement qui s'opère, la volonté politique commune qui a fini par se dégager, sont porteurs de synergies futures, si toutefois cet équipeiuent réussit à trouver sa place dans l'éventail de l'offre touristique et apporte un plus aux deux grandes composantes du tourisme de la zone.
 
Jusqu'ici, aucune structure commune de référencement ne fonctionne à l'échelle de la zone. Il manque un outil central de communication et d'organisation de l'activité touristique, qui pourrait prendre la forme d'un office de tourisme de zone. Sur ce plan, le territoire est éclaté: cité de Cordes avec ses outils propres de communication et d'animation (office municipal, association Cordes Développement), les deux communautés de communes menant leur propre politique touristique. Mais quelle est la bonne échelle de communication touristique ? Cordes peut-elle se passer d'Albi (et réciproquement) ? Le vignoble gaillacois (de Rabastens aux portes d'Albi en passant évidemment par Gaillac), les coteaux et plateaux, la vallée de l'Aveyron (y compris en Tam et Garonne), peuvent-ils fonctionner en s'ignorant en matière de communication touristique et d'organisation de l'activité ? Des rencontres récentes entre responsables (des communautés et du syndicat mixte Vignobles et Bastides) montrent qu'une concertation est possible, au moins à l'intérieur du département.
 
Concemant la zone elle-même, aborder les problèmes et penser l'organisation touristique à l'échelle de chacune des deux communautés de communes semble l'approche la plus pertinente. Dégripper l'articulation Cordes / campagnes cordaises apparaît comme une nécessité. Dans le canton de Vaour, où aucun pôle touristique ne domine le reste du territoire, c'est par le rapprochement des syndicats d'initiative et l'action coordinatrice de la communauté de communes que l'offre touristique trouvera une réelle efficacité.

4.3 - Conditions du développement de la fonction d'accueil

Pour accueillir des populations, la zone possède des atouts importants, nous l'avons vu. Mais aujourd'hui, attirer de nouveaux habitants et des visiteurs saisonniers, implique la satisfaction de conditions optimales - et non pas minimales - en matière de cadre de vie, de commodités et d'animation sociale. Si les campagnes du Tarn-Nord-Ouest peuvent apparaître comme un refuge pour citadins en reconversion ou cherchant à se ressourcer, elles ne sont pas les seules dans ce cas, et la demande est habituée à des aménités sur lesquelles elle n'est pas prête à revenir: commerces, services, infrastructures de communication (et de télécommunication), relations sociales (182) et avant tout logement satisfaisant les normes actuelles de confort.
 
L'évolution des modes de vie et la normalisation des campagnes font que ces aménités, pour la plupart, sont aussi celles que réclament les habitants. La lutte pour le maintien de la gare de Vindrac, les efforts faits par Vaour pour remplacer un commerçant qui part à la retraite, le projet de crèche intercommunale des Cabannes, la relance des veillées par les jeunes de Penne, la vitalité de la vie associative, notamment dans les domaines du sport, de la culture, du patrimoine et du social (ADMR en particulier), la généralisation - légale - de la collecte et du traitement des ordures ménagères ... témoignent de préoccupations nouvelles de la part des résidents. Elles rejoignent les besoins des candidats à l'installation qui pour la plupart ne souhaitent pas venir s'isoler dans un désert et ceux des touristes amoureux de la campagne, certes, mais d'une campagne habitée, entretenue et vivante.
 
Ce rapprochement tendanciel entre les besoins des résidents, des candidats à l'installation et des visiteurs saisonniers, est un fait majeur de l'évolution de la société locale rurale. Il implique l'impossibilité de traiter de manière cloisonnée les problèmes des services et du commerce, des communications, des réseaux, de l'entretien paysager (183), de logement permanent et saisonnier, et de l'aide à l'installation d'artisans.
 
Ainsi, l'accès au logement constitue un problème clé de la zone.

4.3.1 - L'accès au logement

2000 familles vivent en permanence sur les 2 cantons, dans des maisons individuelles (2015 en 1990). Les trois quarts des familles sont propriétaires du logement qu'elles occupent (2/3 dans le Tarn). Près de 12% n'ont ni baignoire ni douche (5% dans le département). La moitié (46%) ne possède pas le chauffage central, soit deux fois plus que dans le département (23%). D'une manière générale, les logements sont anciens et moins bien équipés que dans le département. Seulement 12% des logements ont été construits après 1982. le dynamisme est faible. Ces chiffres, tirés du recensement général de la population de 1990, signalent un retard certain préjudiciable à la fonction d'accueil.
 
Le nombre de résidences secondaires est équivalent dans les deux cantons et représente la moitié environ du parc de logement en résidence principale, ce qui est beaucoup. Par contre, les logement vacants sont très nombreux dans le canton de Cordes (270), beaucoup plus qu'à Vaour (80).
 

Les logements
 

Canton

Répartition

1962

1975

1990

Cordes RP 1292 1190 1370
LV 256 245 266
RS 173 355 472
ensemble 1721 1790 2108
Vaour RP 574 625 645
LV 204 155 80
RS 86 310 486
ensemble 864 1090 1211
 

RP: résidences principales, LV: logements vacants, RS: résidences secondaires

source :Insee

 
Les logements existants ont augmenté de 22% à Cordes, de 40% à Vaour entre 1962 et 1990. Mais le nombre de résidences principales ne progresse que légèrement. La croissance du parc semble due pour l'essentiel aux résidences secondaires alors que les logements vacants sont de moins en moins nombreux à Vaour et restent stables à Cordes. En fait, l'augmentation du nombre de résidences secondaires correspond davantage à un transfert de logements existants qu'à des constructions. Il est probable que des logements permanents soient devenus secondaires par vente ou départ à la ville des héritiers.
 
Entre 1980 et 1995, la construction de 172 logements a été autorisée dans le canton de Cordes, 95 dans celui de Vaour, dont cinq logements dans des collectifs (184). Six maisons neuves se construisent chaque année dans le canton de Vaour et douze dans celui de Cordes. Il s'agit pour l'essentiel de résidences principales, même si quelques maisons de vacances (en propriété ou en location) ont aussi été construites.
 

Importance relative du nombre de logements autorisés entre 1980 et 1995
ratio : nombre de permis accordés x 100 / population 1990
 
Livers Cazelles 
Boumazel 
Souel 
Donnazac 
 
Montrosier 
Loubers 
Les Cabannes 
Penne 
Vaour 
Roussayrolles
8,3 
8,2 
8,2 
8,0 
 
7,4 
6,9 
6,8 
6,7 
6,1 
6,0
 
Amarens 
St-Marcel 
Vindrac 
Le Riols 
Milhars 
ltzac
5,7 
5,7 
5,5 
5,4 
5,4 
5,1
 
Mouzieys-Panens 
St Michel de Vax 
Mamaves 
Noailles 
Tonnac 
Cordes St-Martin-Laguépie
4,3 
4,2 
4,0 
3,9 
3,8 
3,7 
3,6
 
Labarthe-Bleys Frausseilles Lacapelle-Ségalar 1,5 
1,0 
1,0
 
 

source : Ciclone/DRE, RGP/lnsee

 
Trois zones sont particulièrement touchées par les constructions de maisons neuves:

Au contraire, la diagonale Ségala - vallée du Cérou - plateau de Vaour apparaît peu concemée par ce mouvement (St-Martin, Lacapelle-Ségalar, Labarthe-Bleys, Mamaves, Tonnac, St-Michel).
 
La construction neuve a subi une crise autour des années 88 - 89 - 90, aussi bien à Vaour qu'à Cordes. Au cours de ces années, le nombre de logements neufs a baissé de moitié. Une reprise s'affirme. Dans le canton de Cordes, le chef - lieu réalise un tiers des constructions neuves, mais la construction reste aussi acti,>e à Bournazel, St-Marcel, et dans le vignoble à Livers, voire à Donnazac, toutes proportions gardées. Dans le canton de Vaour, Penne surtout, mais aussi Milhars et Vaour, réalisent la quasi totalité du programme de constructions neuves.
 
La zone manque de logements habitables. Qu'il s'agisse de logements à usage d'habitation principale ou de résidences secondaires (185), qu'il s'agisse de propriétés ou de locatifs, la demande est soutenue. Chaque commune dispose d'une liste étoffée et longue de personnes qui veulent louer ou acheter.
 
Un recensement des logements disponibles a été réalisé par la SEM 81. Un programme de réhabilitation devrait suivre, ponant sur une centaine de logements (186). L'accueil permanent ou saisonnier est, pour l'instant un facteur limitant important pour la zone. C'est un verrou qui bloque son dé,,eloppement, mais il faudrait persuader les propriétaires de réhabiliter et mettre à disposition leurs logements. Opération délicate ici comme ailleurs en milieu rural.


  1. Les Monts de Lacaune qui, depuis le début du siécle, accueillent des jeunes exclus de la ville ; le Volvestre haut-garonnais où s'implantent des maisons de retraite pour une clientèle locale mais aussi toulousaine.
  2. A l'exception notable du centre de Fontbonne, commune de Penne, en lisière de Grésigne.
  3. L'Insee nomme"migrants"les habitants qui ne résidaient pas en 1982 dans leur commune de résidence en 1990. Un migrant peut donc être quelqu'un qui vient d'une commune voisine, ce qui, en période de croissance périurbaine, est assez fréquent.
  4. Représentations de Midi-Pyrénées- 1994, planche 7.2.
  5. Armengaud 1961
  6. Roger Brunet - Les campagnes toulousaines. Faculté des Lettres et Sciences Humaines de Toulouse, 1965
  7. Pierre Deffontaines signale l'arrivée en Grésigne de"forestiers" vosgiens en 1770, de charbonniers ariégeois au début du XlXéme siècle. puis de scieurs de long auvergnats à partir de 1850 (Deffontaines , 1930). voir aussi le reportage réalisé par Richard Clavaud sur un charbonnier d'origine italienne à Vaour: Rinaldo Papi, l'homme noir de la Grésigne, Le Monde du 30 mars 1980.
  8. Dont une forte communauté de"harkis". toujours installés à Vaour, qui expliquent sans doute en partie le solde migratoire positif du canton entre 1962 et 1968, alors que dans les cantons voisins, ce solde est toujours négatif.
  9. Anne-Marie Donnadieu: Comment vit-on le tourisme à Cordes ?, Université Toulouse-le Mirail, 1988.
  10. Isabelle Dupond: Les néo-ruraux du Nord du Tarn. Revue du Tarn 1990.
  11. Claire Prouhet: Pratiques et projets altematifs dans les exploitations agricoles des Causses du Nord-Ouest du Tam, Université de Toulouse-le Mirail. 1986.
  12. Terme générique qui, en Grande-Bretagne, tend à désigner les marges ouest du Massif central, du plateau de Millevaches au Lot, voire à la Garonne.
  13. Daniel Loddo. Les casseurs de cailloux, Mémoires de l'immigration dans le Tarn, GMEP/La Talvera 1991
  14. Alain Lebaube - Le trouble des nouveaux"quinquas", Le Monde du 5 août 1997
  15. Nicole Mathieu: La campagne renvoie à la solidarité et à une image de dignité, Le Monde du 16 avril 1996.
  16. Toutes les catégories de citadins installés à la campagne, identifiées par Bernard Kayser, sont représentées dans le Tarn Nord-Ouest. Bemard Kayser. Ils ont choisi la campagne. éditions de l'Aube 1996
  17. Michel Cohou : Les Toulousains et la campagne, Université Toulouse - le Mirail, 1983
  18. Contrat de Haut Lieu culturel, 1991
  19. La carnpagne visible depuis la cité est classée en ZPPAUP
  20. Donnadieu 1988
  21. Entre artistes et artisans d'une part. revendeurs de l'autre : entre résidents à l'année et saisonniers.
  22. Voir première partie,"Revenus et activités", inscriptions à la CCI d'Albi
  23. Elles entrent dans le cadre du Contrat de Haut-lieu culturel (1991) ou du Contrat de site majeur signé en 1996
  24. Pendant longtemps, les plaquettes touristiques du syndicat d'initiative de Cordes ont fait peu de cas des campagnes environnantes. alors que, de façon significative - et justifiée compte tenu de la demande - le partenariat avec d'autres sites semblait nécessaire. Ainsi en 1991, le syndicat d'initiative de Cordes a participé à la fabrication de la plaquette"Sites de rêve entre mer et océan", avec ceux de Sarlat. Bergerac. Les Eyzies. Fumel, Cahors, Rocamadour, St-Antonin, Albi, Sauveterre-de-Rouergue et Carcassonne (La Dépêche. 91-03-?8, fichier Deptarn). Les choses ont changé; aujourd'hui, les publications de l'office de tourisme réservent une place aux campagnes du Tarn-Nord-Ouest.
  25. L'actuel président de l'Atter (Association tarnaise de tourisme en espace rural, contrôlée par la Chambre d'Agriculture) est de Vindrac-Alayrac. Son prédécesseur immédiat était agriculteur à Cahuzac-sur-Vére, canton de Castelnau de Montmiral.
  26. Claudine Souzac - Le tourisme rural, complément de l'exploitation agricole dans le Tarn Nord, Université Toulouse - le Mirail, 1990
  27. Par le biais de GIE de produits fermiers notamment
  28. Exemple de six habitants des cantons de Vaour, Castelnau de Montmiral et Cordes qui veulent "s'associer au centenaire de la VOA et profiter de l'occasion pour lancer un projet sur le verre porteur de développement", avec en particulier un marché du verre, des manifestations et l'aide à l'installation d'un artisan verrier (La Dépêche du 21 janvier 1996, fichier Deptarn)
  29. Ainsi, un prestataire de loisirs sportifs a du mal à trouver des partenaires viticulteurs ("bouteillards") capables de répondre à ses besoins sur le moyen ou le long terme, y compris en faisant appel à des groupements professionnels
  30. En forte croissance dans tous les départements de Midi-Pyrénées depuis deux ou trois ans
    Renée Dourel - Une politique micro-régionale d'aménagement touristique: l'Unité de séjour touristique Tarn Nord-Ouest. Université Toulouse - le Mirail, 1988
  31. Sauf pour les candidats au repli, désireux de s'isoler à la campagne. La demande existe.
    Ainsi, les aménagements réalisés par les agriculteurs du canton de Vaour dans le cadre de l'article 19, tendant à repousser l'enfrichement et à consolider le bocage ne répondent pas aux besoins des seuls agriculteurs, mais contribuent au maintien d'un espace ouvert et attractif pour le tourisme.
  32. Source : fichier SICLONE. DRE Midi-Pyrénées
  33. Les gîtes ruraux et autres logements locatifs de vacances sont considérés comme des résidences secondaires.
  34. Logements permanents et saisonniers. Le transfert d'une catégorie à l'autre est d'ailleurs possible; il peut constituer un outil pour les municipalités. Ainsi, à Saint-Pierre de Trivisy, dans les Monts de Lacaune, plusieurs gîtes communaux ont été vendus comme résidences principales - ou secondaires - par la municipalité qui a ensuite fait construire de nouveaux gîtes.


<< Chapitre précédent

Sommaire

Chapitre suivant >>



Mise à jour: 28/07/98