Contrat Espace 2000 - Contrat de Terroir des cantons de Cordes et Vaour

Pré-diagnostic territorial

Conclusion

Au terme de cette étude, plusieurs constats doivent être rappelés, qui constituent les lignes de force de l'organisation sociale et spatiale de la zone.
 
Les deux cantons forment un territoire résiduel. Le Tam Nord-Ouest est ici amputé du Montmiralais. Après plus d'une décennie d'actions solidaires en faveur du développement local (187), les nouvelles intercommunalités à fiscalité propre ont fragmenté cette partie du Tarn. Le Contrat Espace 2000 doit tenir compte de cela: l'alliance des deux cantons est conjoncturelle; elle correspond à une opportunité. Même si, pour satisfaire à la règle départementale et surtout intégrer les communes n'adhérant pas à une communauté de communes - ce qui n'est pas acquis d'avance - , un SIVOM se met en place, l'organisation du territoire à l'échelle cantonale semble devoir l'emporter.
 
Pour différentes raisons, à la fois historiques, de mentalité et politiques, les relations entre Cordes et son canton sont parfois conflictuelles, elles manquent en tout cas de fluidité. Le succès d'une opération de développement territorial dans le canton de Cordes passe par l'amélioration de ces relations. Plutôt qu'un partage des subventions entre communes, c'est par la définition de priorités communes que le Contrat Espace 2000 trouvera sa voie et son efficacité.
 
Dans le canton de Vaour, la situation est différente. Aucun centre n'est dominant. Le contrat remplira son rôle si toutes les communes y participent, c'est évident. Mais, au delà de l'association de toutes au projet de développement, une des clés du développement territorial réside probablement ici dans la coopération et la complémentarité des communes les plus importantes: Penne, Vaour et Milhars.
 
La tendance ancienne à la désertification, relayée aujourd'hui par des signes de reprise démographique, par le renouvellement de la fonction d'accueil, par l'adaptation de l'agriculture à de nouvelles fonctions (entretien du paysage, vente directe, agritourisme, pluriactivité familiale) est un point commun aux deux cantons. Le prochain recensement dira si la population a continué à diminuer ou si les signes relevés se traduisent effectivement par une reprise. Mais tout doit être fait pour favoriser cette reprise.
 
Le positionnement géographique de Cordes et Vaour, à proximité d'Albi, de la vallée du Tarn, de Montauban et de la métropole régionale, va s'améliorer. Les deux axes autoroutiers A68 et bientôt A10 vont rapprocher les cantons des bassins d'emplois périphériques (à la zone) et notamment du bassin toulousain. Pourtant, à l'échelle de la zone, l'axe (Laguépie) - Cordes - Gaillac joue mal son rôle. Faute d'aménagement, contrairement à la route Albi-Cordes. Certes, l'amélioration de cette route n'entre pas dans le champ du Contrat Espace 2000, mais elle conditionnera le développement de la fonction d'accueil et le maintien de la population résidente.
 
Les deux cantons disposent de plusieurs atouts majeurs: l'espace, l'histoire et ses traces, des paysages protégés, la capacité à accepter des vagues successives d'arrivants parfois porteurs d'innovation, l'existence de jeunes"entrepreneurs"(188). Une condition à la valorisation optimale de ces atouts : maintenir les aménités, les réseaux, les services et les hommes (artisans, agriculteurs, commerçants, bénévoles de la vie associative) qui assurent au territoire un niveau de commodités urbaines suffisant pour permettre aux habitants de rester et à de nouvelles familles de s'installer.
 
Les groupes sociaux du Nord-Ouest du Tarn constituent un ensemble complexe et évolutif au gré des migrations et de l'évolution des fonctions locales (mutations agricoles, montée du tourisme et de la fonction résidentielle). La diversité des"unités économiques"de la zone est remarquable. Elle constitue un facteur essentiel à la vie économique et sociale locale, un facteur à préserver. Le mauvais choix serait de"mettre tous ses oeufs dans le même panier"en privilégiant un seul secteur d'activité, en l'occurrence le tourisme. Le développement de ce dernier passe au contraire par le maintien de cette diversité.
 
Le nombre d'agriculteurs a considérablement diminué; l'exode agricole, élevé, touchant particulièrement les pluriactifs. L'âge moyen des exploitants, quarante-cinq ans, montre qu"un palier a aujourd'hui été atteint: l'hémorragie devrait se ralentir. Les agriculteurs ont joué un rôle moteur dans le développement local, en fixant les axes de la modernisation. Leur rôle s'estompe. Ils n'occupent plus seuls le devant de la scène. La composition socio-professionnelle du Tam Nord-Ouest a évolué. Néanmoins, s'ils ne sont plus majoritaires en nombre, ils contrôlent et gèrent toujours l'espace. La nouvelle politique agricole, s'ils s'y adaptent, constituera un cadre favorable; en effet, elle devrait privilégier la zone, dont les handicaps n'ont été que très peu pris en compte, au moins jusque en 1992. Le développement touristique devrait également constituer un facteur favorable d'accompagnement pour les agriculteurs. Reconnaissance croissante de la fonction d'entretien de l'espace et essor touristique (fonction récréative) vont permettre de redonner espoir à l'agriculture locale, déboussolée et en cours d'adaptation.
 
Les migrants - anciens mais aussi récents - sont représentés dans tous les conseils municipaux et participent grandement à l'animation de la vie associative. Ils enrichissent depuis plusieurs décennies l'alliance traditionnelle entre agriculteurs, travailleurs indépendants et agents d'encadrement. Aujourd'hui, deux groupes - eux-mêmes disparates en fonction des revenus et de leur origine sociale et géographique - prennent de plus en plus d'importance: celui des retraités et celui des résidents travaillant en ville. Si les premiers trouvent assez facilement (189) leur place dans la vie sociale locale, les seconds le font plus lentement, par les enfants, la revendication de commodités urbaines et la participation aux manifestations culturelles. D'où l'importance de l'animation, diffuse dans le cadre associatif, ou événementielle; c'est un facteur-clé de l'identité locale et donc de l'intégration des nouveaux habitants.
 


  1. voir dans la deuxième partie le rôle joué par le Plan d'aménagement rural et le GREAVI
  2. Au sens de Muller (Les entrepreneurs ruraux), même si beaucoup récusent le terme.
  3. Ce n'est pas toujours le cas des retraités britanniques, qui subissent la barrière de la langue.?


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Mise à jour: 26/07/98