Contrat Espace 2000 - Contrat de Terroir des cantons de Cordes et Vaour

Un simulacre de concertation
... comme tant d'autres


Le 25 juin 1998, les habitants des cantons de Cordes et Vaour étaient conviés à une réunion à la Salle des Fêtes de Milhars pour présenter le Contrat Espace 2000, dont la convention de préfiguration venait d'être conclue avec le Conseil Général du Tarn. Le bulletin qui a été adressé à toutes les familles disait "Cinq commissions ont été créées pour faire des propositions et pour associer plus largement possible les citoyens des deux cantons". Demander l'avis des habitants n'est pas dans les moeurs habituelles de la politique locale, et bon nombre de ceux qui l'ont reçu étaient dubitatifs, mais une bonne centaine de personnes ont quand même pris la peine de s'y rendre. Là on nous a dit en substance "Si si ! cette fois-ci c'est pour de vrai, les habitants doivent participer, d'ailleurs c'est écrit dans le contrat". Gérard Fallon, responsable des contrats Espace 2000 au Conseil Général et détenteur des cordons de la bourse, le confirmait et s'en portait garant. Ne voulant pas faire de procès d'intention, on s'est dit que c'était peut être vrai après tout, qu'il ne faut pas avoir mauvais esprit. Par ailleurs, cela pouvait constituer une bonne occasion de faire connaissance avec des acteurs du canton de Cordes. Un certain nombre de personnes se sont donc inscrites dans les différentes commissions.

Les cinq commissions se sont ainsi réunies à 2 ou 3 reprises tout au long du 2ème semestre 1998. Les convocations étaient toujours tardives et l'animation assez moyenne, avec des compte-rendus un peu bateau et téléguidés, mais il y a toujours eu des participants qui formulaient des avis intéressants à propos des orientations envisagées, et quelques projets ont pu être présentés. On a aussi commencé à faire connaissance entre acteurs des deux cantons. Des représentants ont été désignés pour siéger au Comité de Pilotage: 2 élus et 2 socio-professionnels par commission. Le Comité de Pilotage s'est alors réuni une fois, convoqué tardivement un matin de semaine. L'ordre du jour consistait à valider une série d'orientations assez générales pour finir de remplir les conditions requises pour procéder à la signature effective du contrat. Dès que cela fut fait, plus de nouvelles pendant six mois, ni sous forme de réunion ni sous forme de bulletin. Aucun retour vers les habitants qui ont donné de leur temps. Rien que le mépris que l'on voue aux figurants.

Le 17 juin 1999, une nouvelle réunion du Comité de Pilotage est convoquée, toujours au dernier moment, avec pour ordre du jour de valider le premier train de projets qui seront soumis au Conseil Général. Là, surprise ! Bon nombre de projets présentés n'ont jamais été discutés en commission, par contre beaucoup de projets discutés en commissions ne figurent même pas dans la liste des projets à examiner. Petit esclandre, un représentant socio-professionnel s'offusque du procédé et fait valoir que c'est du pur gâchis dans la mesure où l'intérêt principal du processus réside dans l'animation territoriale et la rencontre des personnes plus que dans la maigre carotte financière et les projets eux-mêmes. Les membres Comité de Pilotage se contentent néanmoins de la promesse du Syndicat Mixte de faire désormais plus d'effort pour l'animation des commissions et l'information des participants et ils acceptent de valider tous les projets sauf un, que la plupart des élus eux-mêmes ont décidé d'ajourner. Il s'agit du projet présenté par la commune de Milhars, qui ne paraît pas recevable tel quel en regard des critères établis. Là-dessus, les participants se dispersent, sauf les membres du Syndicat Mixte qui doivent valider les décisions du Comité de Pilotage. Là, nouveau coup de théâtre, à l'encontre de la décision du Comité de Pilotage et malgré l'objection du maire de Vaour, le projet de Milhars est réintégré dans le lot et validé avec les autres !

Non seulement le rôle des commissions et des simples habitants est bafoué par l'absence d'information et par la prise en compte de projets qui sont passés par les coulisses pour se glisser devant, mais en plus le rôle du Comité de Pilotage et des élus est également bafoué en injectant de force un projet qui a été expressement ajourné !


Didier Lebrun
Participant à la commission 'vie sociale'


 Mise à jour: 15/07/99