Gazette Pennole - Supplément

  
Chères électrices, chers électeurs,
 
Plusieurs d'entre vous m'ont exprimé leur surprise et certains leur indignation à la lecture d'un article de la presse locale rendant compte de la condamnation subie par un conseiller municipal de notre commune, condamnation le privant entre autres de ses droits civiques. 
Je reconnais avoir appris par la presse qu'il vivait en Angleterre. Je ne m'étais pas avisé qu'il était en effet très rarement à Penne et qu'il n'exerçait pas les fonctions pour lesquelles il avait été élu. 
Je reconnais humblement que l'individu en cause avait été inscrit à mon initiative sur ma propre liste de candidats, lui garantissant ainsi son élection grâce à la confiance dont m'honorait encore majoritairement les électeurs de Penne. 
Je reconnais humblement que j'étais bien le seul à croire les innombrables mensonges du condamné: la plupart de mes conseillers municipaux s'en méfiaient et auraient aimé connaître l'origine des ressources que les enquêtes ayant conduit au récent procès n'ont pas été à même de déterminer. 
L'avocat de la partie civile a pu les qualifier sans crainte d'occultes. Je reconnais humblement qu'il serait plus exact de les qualifier de "louches". 
Je reconnais humblement avoir ignoré,jusqu'au procès,que les principaux revenus de notre conseiller municipal provenaient de la vente de tableaux que je n'ai jamais vus: il est vrai qu'il s'agit d'un domaine qui m'indiffère et dans lequel je n'ai aucune compétence. 
Je reconnais avec humilité avoir ignoré, jusqu'au procès, que les autres revenus de notre conseiller municipal provenaient de "voitures de collection" que je n'ai jamais vues non plus. Je reconnais humblement avoir été la dupe complète de notre conseiller municipal et vous avoir entretenu, chères électrices, chers électeurs, dans l'illusion d'un accord avec le condamné qui a pu ainsi se prévaloir devant ses juges d'une entente avec moi et avec mes collègues du conseil municipal sur l'utilisation du château de Penne. 
Je reconnais avec humilité avoir fait croire à mes administrés que la convention signée avec notre conseiller municipal permettrait de réouvrir le château aux nombreux visiteurs du village et d'installer un musée dont donc il n'était pas dit à l'époque qu'il serait le musée de la guerre de cent ans, ce qui aurait fait rire tous les historiens. 
Grâce à cette "convention" dont je reconnais humblement que les termes ont été dissimulés à mes administrés,notre conseiller municipal a pu obtenir ces aides publiques,notamment de l'armée qui a débroussaillé, au seul profit de notre conseiller municipal, les ruines et les abords du château. 
Je reconnais avec humilité avoir écrit dans la Gazette pennole de décembre 1990, expédiée aux électrices et aux électeurs le 4 janvier 1991, les lignes suivantes qui peuvent expliquer à elles seules l'audace du prévenu devant ses juges: 

TOURISME 

Les ruines du château restent le principal attrait touristique de la commune. Le Son et Lumiére a pu se réaliser et les mettre en valeur gràce à la couipréhension et à la bonne volonté de Monsieur BREUIL. Dans le souci de faire mieux et d'al1er plus loin, le Conseil Municipal va passer une convention avec l'Association qu'il préside afin de participer aux travaux d'aménagement et de sécurité nécessaires pour rendre le château accessible au public. Cette participation correspondra à 10% de la recette brute plafonnée à 20.000 Frs l'an. Une première tranche de travaux subventionnée à 50% devrait être entreprise dés le début 1991. L'installation dans les années à venir d'un Jliusée ou d'uiie galerie d'exposition ilevrait permettre la mise en place de visites guidées. 
La signature de cette convention souligne, s'il en était encore besoin, la volonté de Monsieur BREUIL et de son association, de maintenir le château dans le patrimoine local dans l'intérêt de tous.

Je reconnais humblement avoir à plusieurs reprises félicité et remercié notre conseillermu.nicipal condamné de son aititude envers la commune, airs= encore au début de 1993: 

Souhaitons en cette période de voeux que Monsieur Breuil qui continue à mettre gratuitement le château à la disposition de la Commune trouve les fonds nécessaires pour faire les travaux qui permettraient de l'ouvrir au public.

Je reconnais avec humilité avoir manqué de clairvoyance dans cette affaire comme en beaucoup d'autres et avoir assez souvent traité mes administrés avec mépris. C'est ainsi que je les prie de me pardonner lad termes comminatoires et presque grossiers utilisés dans le supplément de Ii; Gazette pennole: Halte à la pollution. On m'a fait observer qu'aucun maire France n'oserait parler de la sorte à ses électeurs, même s'ils sont en 
tort. 
Je m'engage à être plus correct et compréhensif envers mes administrés. 
Je m'engage à procéder à une révision des listes électorales qui recèlent quelques anomalies. 
Je m'engage à faire de Penne un village vraiment touristique et dans ce but d'instaurer un minimum de propreté et d'hygiène da.ns les lieux où les visiteurs se rendent le plus souvent et qui nesont évidement pas la mairie et la seule place des platanes. Je m'engage à faire balayer les rues du village, au moins deux fois par an, comme le faisaient mes prédécesseurs. 
Je m'engage à prendre toutes dispositions pour que les visiteurs ei Leurs enfants ne marchent pas dans les déjections et les crottes de chiens à longueur d'année. 
Je m'engage à consolider certaines ruines menaçantes et d'empêcher en particulier l'écroulement de la croix de la peste dont les soubassements sont de plus en plus dégradés. 
Je m'engage à visiter moi-même au moins une fois par an toutes les rues du village où je ne vais pratiquement jamais afin d'examiner toutes les défaillances possibles et d'y porter remède. 
Je m'engage à ne plus parler de "tourisme" aussi longtemps que je n'aurais pas prouvé que je m'y intéresse réellement. 
 

Boyboy
 

Mise à jour: 11 juillet 98